Justin Katina Koné, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, a animé la 36e tribune du parti ce jeudi au siège du PPA-CI. Principal point abordé, le contentieux de la liste électorale provisoire 2025.
Justin Katina Koné a insisté sur trois axes majeurs concernant ce sujet.
Il s’agit de la fiabilité de la liste électorale, les faiblesses dans l’organisation et l’administration du contentieux, ainsi que l’absence du nom de Laurent Gbagbo sur la liste, une question qu’il juge inacceptable et source de tensions.
Selon lui, « la CEI décide de produire une liste électorale comprenant plus de six millions d’électeurs sur 8,7 millions, soit plus de 68 % du corps électoral, qui ne remplissent pas les conditions de l’article 7 du Code électoral ».
Il dénonce également la présence de personnes décédées et de non ivoiriens sur cette liste,
Ce qui à l’en croire remet en question la crédibilité du processus électoral
Justin Katina Koné s’interroge sur la gestion des décès par la CEI.
« Le vote est ontologiquement un acte à cause de vie et non un acte à cause de mort.
Comment peut-on justifier la présence de milliers de personnes décédées sur cette liste alors que la loi permet leur radiation ? », s’interroge-t-il
Il cite en exemple des fédérations locales qui ont relevé de nombreux cas de décès confirmés par les autorités villageoises et les familles concernées.
Concernant la présence de non ivoiriens sur la liste électorale, il rappelle que l’article 3 du Code électoral est clair.
Seuls les Ivoiriens et les personnes ayant acquis la nationalité ivoirienne peuvent voter.
Or, « il se trouve sur la liste des personnes étrangères, confirmées par la détention de pièces d’identité étrangères », affirme-t-il.
Justin Katina Koné dénonce une mauvaise administration de la liste électorale par la CEI, qu’il accuse d’être inféodée au RHDP.
« La CEI est devenue une quasi-délégation du parti au pouvoir. Elle publie une liste où l’on retrouve des cas aberrants comme des enfants plus âgés que leurs ascendants.
Lorsque nous les interpellons, ils répondent que ces cas sont minimes et n’affectent pas la sincérité de la liste.
Mais ce n’est pas à la CEI de juger de la sincérité de son propre travail, c’est au peuple de le faire », fait-il remarquer.
S’agissant du contentieux électoral, il estime que la CEI l’a volontairement rendu difficile afin de limiter les contestations.
« Exploitant de façon excessive l’article 12, elle exige pour chaque décès un certificat de décès alors que l’État civil ivoirien est notoirement incomplet.
Pourtant, les Chefs de village et de quartier peuvent attester des décès, mais leurs témoignages sont refusés », dénonce-t-il.
Il critique également la centralisation excessive des lieux de réception des requêtes et la lourdeur des procédures.
« À Cocody, une commune qui compte près de 600 bureaux de vote, seuls sept bureaux de contentieux ont été ouverts.
Comment espérer que les citoyens puissent contester dans ces conditions ? », s’interroge Koné Katina.
Le cadre du PPA-CI fustige enfin l’attitude de la CEI face aux demandes de révision annuelle de la liste électorale, conformément à l’article 6 du Code électoral.
« Ils ont décidé de se donner une loi en dehors de celle de la République. Quand on les interroge, ils répondent qu’ils appliquent la loi avec intelligence, comme un juge jugeant avec son intime conviction.
Mais la CEI n’est pas une juridiction, c’est une administration », soutient-il
Enfin, Justin Katina Koné pointe du doigt le refus obstiné d’inclure Laurent Gbagbo sur la liste électorale, ce qu’il qualifie de décision purement politique et non juridique.
« Ici, la CEI s’identifie au RHDP. Leur objectif est clair : empêcher le Président Laurent Gbagbo d’exercer ses droits politiques. Nous ne l’accepterons pas », prévient-il.
Le contentieux de la liste électorale provisoire prend fin le samedi 5 avril 2025
Tristan Sahi